Elise Vonaesch

Etudiante en Lettres

Je suis née en 1999 à Genève. Passionnée de littérature et d’histoire, j’écris depuis l’âge de treize ans essentiellement de la prose, mais parfois aussi des scènes théâtrales ainsi que quelques vers.

Le portrait

Il y a ce visage qui sourit, qui en dit long sur ce qu’il aurait fallu se dire mais qu’on n’a jamais dit. Et il sourit, inlassablement, comme les reproches qui se réitèrent à tous bouts de champs. C’est peut-être ça, ce sourire en coin qui tâche l’harmonie du tableau. Le même souvenir des sarcasmes qui hante une image à l’abandon. Car ce rictus moqueur au coin des lèvres n’en a que faire des regards pesants et hautains sur une vulgaire peinture. C’est lui qui les regarde et leur sourit, se moque de ces spectateurs arrogants et attend qu’ils s’éloignent pour rire aux éclats dans leur dos, paraître toujours plus sage pour mieux cacher son rire, qui se transforme peu à peu en sanglots.

 

Adulescent – extrait

Il y a des soirs où, quand les habitants acceptent de se taire, Jonas croit retrouver le lac des glaces à la fraise, des éclaboussures et du bon temps. Le jet d’eau fait jaillir d’innombrables gouttelettes qui s’y jettent, et au loin, du côté de la rive droite, les hôtels et palaces éclairés s’y reflètent. Parfois, Jonas croit voir la rive de Céligny. Il se souvient des flots agités le jour, du lac endormi la nuit, et il se dit, avec nostalgie, que c’est là-bas qu’il a passé les plus beaux moments de sa vie. Il se remémore leurs balades sur les rives, quand le soleil brillait et qu’ils restaient jusqu’à son coucher. Attendre au moins onze heures, attendre son extinction et que les autres partent pour se retrouver seuls. La courbe du jet fléchissait et, durant quelques instants, ne subsistait que dans le ciel. Le spectacle se terminait avec son plongeon dans le lac. L’immense jet duquel on s’approchait à s’en tordre la nuque avait disparu. Alors ils partaient quand il faisait nuit, quand il n’y avait plus de tram et qu’ils devaient rentrer à pied.

Les Rêves fous

Quand renoncer rime avec planer : je repense à ces fardeaux de réussite qui nous empoisonnent la vie, nous traînent au sol et nous répètent sans arrêt : « N’oublie pas que ta vie se compose de nous ! Essentiellement de nous ! » Et la tour qui gravit le ciel n’attend que la brique de trop pour tomber. Tomber comme un enfant qui se jette d’un précipice pour apprendre à voler. Mais le précipice n’est que l’étape ultime pour accéder au ciel. Et ce ciel, c’est celui qu’on croit atteindre en bâtissant la tour de nos rêves.

            C’était un rêve fou. Mais j’y croyais. On a la fâcheuse tendance de croire en nos rêves, et on s’y soumets aisément, jusqu’à se donner corps et âme. Une tour qu’on bâtit n’est qu’un futur amoncellement de déceptions. Elle s’effondre insensiblement et, de mieux en mieux, on voit l’horizon apparaître derrière elle. Le soleil ne s’y cache plus. Un jour, peut-être, apprendrons-nous que c’est le Paradis.

Découvrez d’autres de ses textes :

N’oublie pas que je reviendrai

Adulescent

Clandestines

J’aime beaucoup lire les classiques de la littérature française et étrangère. Je suis aussi très attachée au septième art. Je suis l’auteure d’un roman historique intitulé Clandestines.

 

Si tu veux découvrir plus : elise@c-vonaesch.ch